Rome
1 and 2 December 2013

Le Parti démocrate européen, présidé par François Bayrou et Francesco Rutelli, a tenu son Conseil à Rome, le 1er et 2 décembre 2013 ainsi que son second forum sur le renouveau de l’Europe. Les travaux ont été marqués par des échanges très denses sur le manifeste pour les élections européennes de mai 2014. Le PDE défendra l’idée d’une refondation de l’Europe pour répondre au « paradoxe européen » : jamais la nécessité d’Europe, pour la défense de nos démocraties, de nos emplois, de nos cultures, n’a été aussi forte et pourtant, jamais les peuples d’Europe n’en ont été aussi éloignés.

 

« Il y a un gouffre et ce gouffre entraine une révolte sourde. »

 

Pour Francesco Rutelli, l’Europe doit sortir du « piège populisme/technocratie ». « Nous défendons l’idée d’institutions claires et crédibles. Il y a beaucoup de travail car elles sont illisibles par les citoyens. Ceux qui portent les responsabilités sont inconnus et cette situation crée les mouvements innombrables que nous connaissons dans nos pays, même les plus pro-européens » a rappelé le co-président du PDE François Bayrou. Car « l’incompréhension entraîne le rejet ». Pour Marielle de Sarnez, « si on veut que les peuples se réapproprient l’idée européenne, que l’Europe soit efficace, il faut que les Européens décident de la politique qu’ils souhaitent. » Ce renforcement démocratique de l’Union passe par l’élection par les citoyens européens du Président de l’Union européenne, qui regrouperait les fonctions actuellement détenues par les présidents de la Commission et du Conseil. Pavel Telicka, ancien commissaire tchèque, a insisté sur la nécessité pour le futur président de la Commission de constituer une commission plus politique. Le secrétaire général adjoint Luigi Cocilovo estime que le « pas vers la nécessaire Europe démocratique signifie qu’il faut probablement revenir sur certains compromis du passé ».

 

La refondation européenne doit être conduite de manière à répondre en même temps à deux questions démocratiques : quels sont les sujets effectifs d’action de l’Union et quelle est la place effective des citoyens dans l’Union.

 

La subsidiarité doit être repensée car « l’Union européenne doit se centrer sur l’essentiel et non sur l’accessoire », comme l’a rappelé Marielle de Sarnez. Pour la secrétaire générale, l’essentiel, ce sont des priorités comme la protection du modèle social européen, la relance de l’économie par la production et la redéfinition de ce que doit être la concurrence, la transition vers une économie verte ou la réduction des inégalités régionales, tout en favorisant la convergence sociale, fiscale et environnementale.

 

Ce document de travail est soumis à l’examen des délégués du PDE et sera adopté dans les prochaines semaines. La désignation d’un candidat à la présidence de la Commission interviendra en février, lors de la prochaine réunion du Conseil du Parti démocrate européen.